comment définir une « passionnée de photographIe »

vs. un véritable photographe professionnel?

Prenant quelques stagiaires sous mon aile à chaque année, j’encourage la relève et je suis pour le partage de connaissances. Je vais toujours soutenir le talent d’ici avec des gens qui ont la soif d’apprendre ce métier sous tous ses angles. Bien que plusieurs d’entre nous partageons cette passion commune, il est important de comprendre la distinction entre une passionnée de photographie et le métier d’un photographe professionnel.

De nos jours, ce métier est plus accessible que jamais. D’une part, l’équipement est devenu plus accessible. D’autre part, il est plus facile que jamais de partager son travail et d’attirer son public cible. Ce qui me déçoit grandement, c’est que plusieurs pensent qu’il ne suffit que de se procurer un équipement adéquat et qu’ils sont par défaut photographe. Il n’est pas rare que je me fasse dire au milieu d’une séance photo: « Je vais me procurer une bonne caméra pour prendre des photos de mes enfants et ne plus payer de frais pour une photographe » Ça m’ébranle à chaque fois, parce qu’être photographe, c’est bien plus que de prendre des clichés. Je respecte la décision de chacun et je ne tords pas un bras à ces clients qui ne désirent plus engager de photographe. Ce qui me dérange c’est lorsque quelques temps après, je vois soudainement apparaître dans une biographie le titre « photographe » en sachant très bien que cette personne n’a pas l’intention d’en faire un métier, mais simplement photographier ses enfants pour le plaisir.

En tant que photographe professionnel, nous interprétons les ombres et la lumière avec aisance. Nous travaillons à partir de programmes de rendu d’images et nous avons une bonne compréhension des couleurs, du grain et des courbes de lumière. Nous passons énormément de temps dernière nos écrans à façonner nos rendus visuels et nous forger un style bien à nous. Nous devons avoir une bonne base en service à la clientèle, puisque même si tout semble facile et évident, ce n’est pas toujours rose bonbon. Il faut savoir aussi user de stratégies marketing et de beaucoup d’imagination. Nous sommes aussi des créateurs de contenu, nous devons sans cesse se réinventer. Nous nous devons d’avoir un côté humain et beaucoup d’entregents. Nous sommes des travailleurs autonomes, de véritable business « wo/men ». Être photographe, c’est de porter plusieurs chapeaux et jongler avec plusieurs projets simultanément. Il faut gérer des budgets, il faut faire de la comptabilité, etc. Ça demande du temps et de l’implication dans toutes les sphères.

J’exerce à mon avis le plus beau métier du monde, un métier qui me ressemble et qui me passion énormément depuis que je suis haute comme trois pommes. Sachez que je ne vise pas personne personnellement, mais je me dois d’éclaircir mon point en criant haut et fort que ce titre nous revient à part entière.